Partagez | 
 

 Constance Lucy Duncan → If you love me, let me go.

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage

GODDESS ADMIN ϟ I'm the devil in disguise.
GODDESS ADMIN ϟ  I'm the devil in disguise.
Date d'arrivée : 12/09/2011
Âge du joueur : 14/02/1990
Messages postés : 13

MessageSujet: Constance Lucy Duncan → If you love me, let me go.   Mar 13 Sep - 8:52


Lucy Duncan

Salut, mon chou. Moi c'est Lucy. Enfin non techniquement, moi c'est Constance Mary Jane Edith Charlie Lucy Duncan. J'ai 4 milliards de prénoms et personne s'y retrouve, donc choisis celui que tu préfères et ça ira comme ça. Sauf, choisis pas Constance. Constance, c'est mon père qui a insisté pour que je porte ce nom. Ce qui est d'ailleurs une belle connerie car je ne l'ai jamais vu, jamais connu en somme. Il était français et ma mère m'a toujours dit que c'est son accent qui l'avait fait craquer et donc qui l'avait engendré. Donc après avoir insisté pour que je porte ce prénom de grand mère, il s'est barré comme un voleur. C'est pourquoi je déteste par dessus tout qu'on m'appelle Constance. Sérieux, m'appelle jamais Constance. Ou j'te jure que tu vas tâter du poing, et j'sais me défendre pour une fille. Sinon, y'a Mary Jane. Mary Jane, marijuana, bon, vous voyez le rapport. Ma mère a toujours été, super originale disons, et adepte des plantes médicinales, haha. C’est pas ça qui l'a sauvé soit dit en passant. Elle avait fait un pari avec ses copines, et c'est moi qui me tape tous les noms de merde. Edith, le nom de ma grand mère, Charlie, celui de mon grand père un peu transformé, il s'appelait Charles. Mes grands parents, je les ai vus qu'une seule fois je crois, quand j'étais toute bébé. Ensuite ma mère s'est disputée avec eux, tout ça. Elle a jamais eu un mode de vie très sain, le genre de truc qui aurait fait flipper un peu tous les parents normaux. Puis sinon, en nom habituel, j'ai Lucy. C'est celui par lequel je me fais appeler et aussi celui que je préfère. Il est simple, court. Il est sans chichis, un peu comme moi en fait. J'ai toujours rêvé de m'appeler Ginger, mais avec mes cheveux roux pétant ça fait un peu cliché, non ? ● Et puis Ginger, ça correspond pas à une fille comme moi, qui va bientôt rentrer dans la vie active (ou pas). En tout cas, j'ai une petite vingtaine d'années et je vais passer le cap fatidique des 21 le 7 octobre prochain. Je pourrai enfin jeter ma fausse carte d'identité à la poubelle (Norma Joanesson, 35 ans, femme au foyer, née en Dakota du Sud) et acheter mon alcool toute seule comme une grande, le rêve ! ● Je suis née à San Francisco, sur la côte californienne, et je ne suis là que depuis quelques temps. Je suis d'origine française et américaine, et je viens de la classe moyenne, même si je n'ai jamais eu de soucis d'argent. Sinon, quoi d'autre, j'aime pas trop me présenter donc j'vais te faire les basiques. J'suis bisexuelle, j'aime expérimenter, et je suis donc assez ouverte d'esprit toussa. Mais je t'avoue que j'ai quand même une préférence pour les garçons. En tout cas, j'aime bien tenter de nouvelles choses, expérimenter, d'ailleurs il le faut quand tu fais des études d'art. Tu croises tellement de gens bizarres parfois que bon, faut pas se prendre la tête pour rien. ● Etudiante en graphisme et design à l'université de San Diego , je suis habituée à toutes sortes de phénomènes. Et je m'y connais en phénomènes, j'en suis un moi même. Je touche même un peu à la sorcellerie des fois, ouais j'ai eu ma phase gothique et ça m'est resté. En fait, j'suis passée par toutes les phases possibles, sans me soucier des conséquences. ● J'ai toujours vécu le moment présent sans vraiment me faire chier. Ma seule faiblesse, surtout depuis le décès de ma mère, est l'argent, je fais attention à la moindre dépense, à tout, et je suis une vraie grippe-sou. Mon groupe est donc avaritia. J'aime pas vivre dans le passé, et j'suis nulle pour voir le futur, j'ai déjà assez à faire avec ce fucking présent. C'est pas qu'il me cause tant de soucis que ça, non, je sais me débrouiller, c’est juste que je sais parfaitement gérer l'imprévu alors autant en profiter. Avec tout ce que j'accumule, j'ai des réserves pour l'avenir, si un truc se passe mal.

MORE ABOUT YOU
Rajoute un k à Lucy, ça fait Lucky. Et pourtant, la rouquine est tout sauf chanceuse. On dirait qu'une sorcière s'est penchée dans son berceau petite, comme dans le conte de fées à la con, là. Sauf qu'il y a jamais de beau prince bien foutu en collant moules boules pour venir sauver Lucy. Elle a le don de se mettre dans la merde, bien profond. Mais elle a toujours été débrouillarde. Quand elle gaffe un peu trop, elle s'en sort en deux temps trois mouvements. Un regard de chien battu, voire même quelques larmes de crocodile qu'elle maîtrise à la perfection, et la voilà sortie d'affaire. C'est aussi simple que ça, c’est comme si la vie pour elle était un parcours de cross plein de creux.
Vous moquez pas, mais Lucy a une seule phobie, et elle est pas très rationnelle. En effet, elle a... peur des gens avec un chapeau haut-de-forme. Demandez pas pourquoi, c'est comme ça. Petite, sa mère l'a emmenée au cirque et le monsieur loyal était vraiment super flippant. Édenté en plus. Sûr que ça l'a traumatisé, la petite. Donc depuis ce jour, elle ne peut pas voir un haut de forme en peinture. Lui parlez même pas du guitariste Slash.
Quand elle était petite, Lucy avait une voix assez grave pour une fille, pas comme les crécelles de son âge. ça pouvait paraître rien comme ça, mais ça la complexait à mort. Et pour dissimuler la voix qu'elle n'aimait pas, il lui arrivait d'avoir des longues journées de mutisme, c’est à dire qu'elle ne parlait à personne, même pas à sa mère. Bien sûr en grandissant sa voix a changé, et maintenant elle est tout à fait normale. Mais la rouquine en a gardé des séquelles : son visage est resté très expressif, car elle devait tout dire, sans dire un mot justement. Maintenant, ses émotions se lisent sur sa gueule, c'est incroyable. Elle essaye de plus en plus de les dissimuler, mais quand on est à fleur de peau c'est un peu difficile.
Vous l'avez sans doute remarqué, mais Lucy est rousse. Nan, sans blague ? Quand elle était petite, on se moquait assez d'elle à cause de sa tignasse orange impossible à coiffer, mais maintenant elle en est fière et emmerde ceux à qui ça ne plait pas. Enfin bref, à cause de cette couleur, la jeune fille rougit très très facilement, et pour rien. Un regard surpris, une question à laquelle elle a mal répondu, et paf, elle pique un fard. Rien ne la dérange plus que ça : pour elle, rougir c'est montrer ses faiblesses. Et Lucy ne veut plus en avoir, de faiblesses.
Si on regarde bien, et de près, on peut voir que les bras de Lucy comportent pas mal de cicatrices. Logique quand on sait dans quoi elle est tombée. Après sa rupture avec Hyde, sa mère mourut et la jeune fille sombré dans la dépression et la scarification, laissant aujourd'hui des marques, même si elles sont maintenant presque invisibles. Lucy n'aime pas parler de ces cicatrices, qui ne laissent nul doute sur son passé, mais ne cherche pas à les cacher pour autant. En fait, elle s'en fout.



Petite taille, joli minois, cheveux roux et grands yeux bleus de bébé. Lucy est une fille pétillante, pleine de vie, un petit rayon de soleil sur talons hauts. Lorsqu'on la voit, on peut penser à une vraie pile électrique, une fille souriante, toujours prête à venir en aide au monde entier, dans son éternelle chemise à carreaux et son jean délavé noir. On pourrait dire qu'elle est un peu écervelée, fille facile, superficielle, mais bien au contraire. La jeune fille est bien plus complexe que ça, quand même. En fait, il faut juste apprendre à la connaître. Adjectifs choisis.

SARCASTIQUE ; C'est sa principale caractéristique. Lucy est certes, loin d'être méchante ou perfide comme beaucoup d'autres gens, mais elle ne supporte pas les bécasses et ceux qui posent des question pour rien. Alors elle est souvent ironique, ce qui peut parfois lui donner un petit air insolent malgré elle. Sa phrase fétiche : « Noon, tu crois ? »
INDÉPENDANTE ; Aussi. La jeune fille a toujours été débrouillarde et plutôt solitaire. Dès son plus jeune âge, elle a été comme livrée à elle même, malgré le fait que sa mère l'aimait beaucoup, elle se retrouvait souvent seule. Elle a donc du s'émanciper très tôt pour voler de ses propres ailes, et le résultat n'est pas si merdique que ça, au final.
NAÏVE ; Elle ne l'est plus depuis déjà bien longtemps. Fini les illusions d'enfants, le monde rose des petits poneys. Au bout de plusieurs déceptions, Lucy a appris la vie. Elle n'a plus foi en l'homme. C'est pour ça qu'elle pense qu'on est jamais mieux servi que par soi même.
FONCEUSE ; La jeune femme ne réfléchit pas souvent aux conséquences. Elle vit l'instant présent, se préoccupant de choses dans l'urgence et dans l'urgence uniquement. D'un naturel déterminé, elle va jusqu'au bout des choses et se bat pour avoir ce qu'elle veut. Jusqu'à quelques années, elle ne pensait pas à l'avenir, le présent étant déjà assez compliqué pour elle. Mais depuis peu, elle s'en préoccupe plus, même si ce n'st pas non plus son souci premier.
SINCÈRE ; Quitte à faire mal. Pour Lucy, la vérité est une chose primordiale dans la vie. Elle estime qu'elle a déjà trop menti dans le passé, et dit toujours en face les choses. Dotée d'un franc parler très cassant, il lui arrive d'être blessante sans le vouloir lorsqu'elle dit des choses aux gens qu'elle aime. Ce n'est bien sûr pas son attention première, pour elle, toute critique est bonne à prendre en compte et les gens devraient plus l'écouter au lieu de la bouder.
PERFECTIONNISTE ; La rouquine ne laisse jamais rien au hasard. Et puis d'ailleurs, elle n'y croit pas. Pour elle, tout doit toujours être parfait, dans les moindres détails. Elle déteste quand quelque chose ne se passe pas quand elle l'avait prévu, et peut donc s'énerver très facilement. C'est bien connu, les rousses ont le sang chaud.
FIDÈLE ; Elle n'abandonne jamais les gens qui comptent pour elle. Elle ne renie pas ses convictions non plus, ou du moins plus. Lucy est une jeune femme accomplie, bien dans son corps et dans sa tête, elle compte le rester. C'est pour ça qu'elle s'est fait une promesse, il y a déjà quelques année : ne plus jamais aller à l'encontre des valeurs qui comptent pour elle.
FORTE ; Egalement. Vous pouvez essayer de la pousser à bout, elle ne craquera pas. Elle vous gueulera dessus, c'est clair, mais au fond... Ce que vous dites d'elle, elle s'en contrefiche. Parce qu'elle est passée par tous les adjectifs possibles et imaginable. Oui, Lucy est une femme forte, une femme bien dans son époque. Et elle emmerde ceux à qui elle ne plaît pas.
AUTORITAIRE ; Elle n'hésite pas à hausser le ton pour se faire entendre si quelque chose ne lui plaît pas, et adore diriger les autres. Un vrai petit chef. Féministe pure et dure, Lucy ne se laisse jamais faire par personne, même pas par ses professeurs. Elle n'aime pas qu'on lui donne des ordres. Les ordres, c'est elle qui les dicte, et personne d'autre.
VOLAGE ; Dans la vie, elle a couché aussi bien avec des mecs qu’avec des nanas, et ça lui a pas mal plu, même si parfois elle se dégoûtait. Néanmoins, maintenant elle se méfie. Préférant les histoires d'un soir, elle a peur de l'engagement et ne veut plus jamais avoir le coeur brisé. Ce qui arrange pas mal de personnes qui la retrouvent pour une nuit, soit dit en passant.
GARÇON MANQUÉ ; Finalement. Parfois, Lucy peut être un vrai mec, et pas le plus tendre des mecs cela dit. Elle n'hésite jamais à se battre, à jurer, et son coup de pied dans les tibias est devenu légendaire dans son dernier lycée. Depuis toujours, Lucy a appris que le seul moyen de défense, c'était l'attaque, et elle a forgé son caractère en incluant cette notion. C'est une vraie tigresse qui, quand on la connaît mieux, n'est pas la fille fragile et douce qu'elle a l'air d'être au premier abord.


SI TU ETAIS...
Un objet ● Un dé. C'est fun un dé, puis y'a toujours des significations cachées et tout !
Une saison ● Le printemps, on sait jamais à quoi s'attendre, ni quand une averse va débarquer, mais pour autant c'est une saison plutôt cool.
Un plat ● Un hamburger : tout le monde les aime, ça fait pas de chichis et c’est simple.
Un animal ● Un lama. Quand c'est pas content, ça s'énerve et ça crache, ça gère tout !
Une chanson ● Chop suey de System Of A Down, parce que y'a des moments super doux comme des moments hardos.
Une couleur ● le noir.
Un roman ● alice au pays des merveilles, c'est un truc de fous ça.
Une film ● millenium, c'est sombre, original et intelligent.
Un endroit ● une île déserte ou il faut se débrouilles sans aide pour survivre, en mode lost et tout.
Une arme ● un fusil de chasse, ça tue presque à tous les coups et c'est facile à manier.
Une fleur ● une rose bien sûr. douce mais avec des épines bien bien tranchantes !
Une planète ● pluton, c'est loin et froid.


Pandora.
Ton prénom ● Lola.
Ton âge ● 17 ans.
La célébrité sur ton avatar ● Jane super Levy !
Personnage inventé ou scénario ● PI.
Comment as-tu connu le forum et qu'en penses-tu ? ● Jimmy, et j'en pense que... han
Double compte ? ● Nope.
Le code du règlement ● pervers
Un dernier mot ● THIS IS THE RYTHM OF THE NIGHT ! sing

© CREDIT AVATAR & BANNIERE.

_________________

sexually frustrated.ϟ


Dernière édition par C. Lucy Duncan le Jeu 22 Mar - 17:07, édité 5 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

GODDESS ADMIN ϟ I'm the devil in disguise.
GODDESS ADMIN ϟ  I'm the devil in disguise.
Date d'arrivée : 12/09/2011
Âge du joueur : 14/02/1990
Messages postés : 13

MessageSujet: Re: Constance Lucy Duncan → If you love me, let me go.   Mer 21 Mar - 22:29


L'HISTOIRE DU PERSONNAGE

; when i was a child, i was a jedi.

« Dis Lucy, pourquoi il vient jamais te chercher à l'école ton père ? » « J'ai pas de père moi. J'ai à peine une mère. Tu veux savoir la vérité ? » La blondinette me regardait, perplexe, mais elle était curieuse, et tendait l'oreille. Sur le ton de la confidence, je lui ai décrété avec aplomb : « La vérité, c'est que mon père, je l'ai mangé. » Je me souviens encore de ce jour où une camarade de classe m'avait posé une question du genre. En général je répondais des âneries ou évitais le sujet. Personne ne savait qui était mon père et où il était, pour la simple raison que moi même je n'en avais aucune idée. Donc, j'inventais. Tantôt c'était un taulard en cavale, tantôt un marin qui est mort dans une tempête, ou un marchand d'esclaves ou encore un grand explorateur. Personne ne me croyait, je pense, mais ça restait marrant à inventer. J'ai toujours eu beaucoup d'imagination et un don pour le mensonge. Et ça me servait dans tous les domaines, à l'école comme à la maison. Un prétexte de dératisation ou autre, c'était vachement utile contre tous les SDF qui squattaient chez moi. J'avais rien contre eux, y'en avait même des super sympas. Mais j'ai toujours aimé avoir mon espace privé, et trop c'est trop. Des fois, y'en avait même que je retrouvais endormis dans ma chambre quand je rentrais de l'école (seule, comme toujours). Ma mère s'occupait de moi, je savais qu'elle m'aimait. Mais entre son cancer du sein qui lui faisait aller 3 fois par semaine à l'hôpital, ses engagements avec Greenpeace et ses diverses manifestations féministes dans tout le pays, on pouvait pas dire que j'avais une situation familiale vraiment stable. Pourtant, j'étais heureuse et pas une enfant difficile à vivre. Je me suis toujours adaptée en fonction des circonstances. Naïve et gentille, j'ai longtemps été la bonne poire de service. Ma mère partait en Arizona quelques jours ? D'accord, je ferai la cuisine pour ses amis qui restaient à la maison. Elle ne pouvait pas venir aux réunions parents-professeurs à cause d'un rendez-vous à l'hôpital ? Qu'à cela ne tienne, je prétextait un voyage d'affaires. Ma mère ne bossait pas mais mon père lui avait laissé une petite fortune avant que je vienne au monde. J'ai jamais su si c'était parce qu'il tenait à elle et à moi ou si c'était pour qu'elle garde le secret de sa grossesse, car il ne m'a jamais reconnue comme sa fille. J'ai même pas une photo de lui, rien du tout. Ma mère m'a seulement dit un jour que c'était un français plutôt riche et qui avait déjà une famille apparemment. C'est pour ça que je me suis retrouvé avec le prénom de Constance, il a insisté pour que je le porte. Mais je déteste ce nom de française vieillotte, je me borne à Lucy, et tout le monde m'a toujours appelée Lucy. je suis même pas sûre que les gens sachent que Constance est mon vrai prénom, en fait. Bref, j'étais une gamine comme les autres. Certes, j'étais parfois solitaire, et menteuse. Mais tout le monde pouvait tout me dire et j'acceptais de le faire pour eux. J'étais vraiment très très naïve et innocente, comme meuf. Ca me causait pas mal de problèmes avec les gosses de mon âge et tout. Mais je vous rassure, ça a pas tardé à changer. Vers le milieu du collège, je dirais. En fait, je crois que j'ai vraiment mûri au moment où j'ai commencé à fréquenter Hyde.



; this is the way you left me.

A partir de là, vous allez voir que je vais peut être parler un peu amèrement ou vulgairement. Faut dire que Hyde, c'est un point très sensible chez moi. Mais je vais essayer de garder mon calme et de pas chialer. J'ai déjà versé trop de larmes pour ce salaud. En fait, Hyde, c'était mon premier vrai copain. On était jeunes, mais ça a compté, ça comptera toujours à mes yeux. On est sortis grosso modo un an ensemble, donc vers nos 14 ans. Oh je sais qu'à vos yeux, et sûrement aux siens, ce n'était qu'une amourette d'adolescents. Pas aux miens. Hyde, c'est celui qui, pendant au moins un temps, m'a rendue heureuse. Avec lui, je me sentais... Moi même. Il s'en foutait que j'ai pas vraiment de famille, que ma mère soit toujours à l'hosto et qu'une bande de gueux entrait non stop dans le salon en rigolant pendant qu'on se pelotait. Hyde, c'était quelqu'un d'authentique. Alors ok, c'était un vrai gamin, un petit con même des fois, et quand il repartait de chez moi y'avait plus rien dans le frigo, mais je l'aimais comme une dingue. Il m'a rendue un peu comme lui, en fait. De naïve et timide, je suis devenue plus affirmée, fonceuse et franche. Il m'aimait sûrement, j'en ai jamais douté, mais comment savoir après ce qu'il m'a fait ? Les gens ne traînaient plus avec lui, car il sortait avec la rouquine de service, mais il s'en foutait, il continuait de me voir. Et ça, rien que ça, c'était la plus belle chose que quelqu'un avait jamais faite pour moi. Grâce à lui, j'ai enfin appris à être moi même. Je suis devenue la Lucy de maintenant, quoi. Donc oui, Hyde, je m'inquiétait pour lui plus que pour quiconque. Plus même que pour ma mère, qui était en état à peu près stable à cette époque, enfin c'est ce que je pensais du moins, mais nous reviendrons à cela plus tard. J'avais l'impression que Hyde me cachait quelque chose, j'ai toujours été un peu trop fouineuse. C'est peut être ça qui m'a porté préjudice... En fait, je vous explique. Un jour que j'étais chez lui, j'ai eu un de ces mal de crâne, et donc, normal, j'ai ouvert son armoire à pharmacie. Des boîtes bleues. Des tonnes et des tonnes de boîtes bleues. J'exagère un peu, bien entendu, mais en tout cas c'était vraiment louche. J'en ai pris une, et dessus il y avait marqué « Hyde, contre la Drépanocytose. 3x/jour. » La Drépanocytose.. Je connaissais de nom. C'est une maladie cérébrale super grave. Donc, vous me connaissez, je me suis inquiétée. Je suis derechef descendue alors qu'il finissait sa clope, une de ces habitudes que j'avais désapprouvée de nombreuses fois, mais Hyde ne m'écoutait jamais. Tant mieux. J'aurais pas voulu qu'il change pour moi. J'ai hurlé, la peur se lisait dans ma voix. La subtilité c'était pas mon fort, ça l'a jamais été, et en plus j'étais super flippée. Si il arrivait quelque chose à Hyde... Je ne voulais même pas y penser à cet instant précis. Je devais savoir. « HYYDE ! Pourquoi tu ne m’avais rien dis là-dessus ? C’est une maladie hyper grave à ce qu’il paraît… » Son regard se fit plus dur, plus noir. Comme si j'avais posé ze question à ne jamais, au grand jamais, poser. On aurait presque dit que j'avais fouillé ses poubelles ou que sais-je. « C’est justement pour ça que je t’ai rien dit. T’es contente maintenant ? T’as appris un truc vachement important sur ma vie ! Ouais, bah je te souhaite d’être heureuse en sachant ça mais maintenant tu dégages, j’te connais plus ! » C'était comme... Comme si il me donnait un coup de poing dans le ventre. J'ai lâché la boîte sous l'effet de la surprise, brusquement au bord des larmes. C'était pas, enfin plus mon genre de pleurer pour un mec, mais Hyde, c'était pas n'importe quel mec. C'était le mien. Je l'ai longuement dévisagé, en état de choc. J'ai rien pu dire, j'ai rien pu faire. Je me contentais de scruter son regard, de savoir si il plaisantait ou non. Il savait que j'étais encore fragile, surtout avec lui, qu'il fallait pas me faire ce genre de frayeur. Mais au moins si il blaguait, on aurait pu tout effacer, et tout reprendre. J'aurais compris, il faisait tout le temps ce genre de blagues à la con. Mais là, il ne plaisantait pas. Ca se voyait, ça se sentait. « Oui, je suis malade, et si je ne le crie pas sur tout les toits, y’a une raison. T’as tout gâché alors j’ai même plus envie de revoir ton visage, ça me dégoûte comment t’as fouillé dans mes affaires, on était en couple, pas mariés ! T’as pas besoin connaître ce genre de choses ! » J'aurais pu m'expliquer, dire quelque chose au lieu de rester figée comme une statue, une main sur la bouche. C'est vrai, j'aurais pas du fouiller, même si c'était juste un peu de curiosité. J'aurais du m'excuser, mais aucun son, aucune parole, ne venait. On aurait dit que j'étais en pierre. La vérité, c'est que je luttais contre les larmes. Il a prit mon sac et ma main, et m'a foutu à la porte sans explication aucune. Je vous le dis, ça m'a porté un coup réel. Il avait été tout pour moi, et m'avait balayé en un instant, me traitant de noms que je n'avais encore jamais entendus et me claquant la porte au nez. Je vous l'avoue, j'ai pleuré des litres. J'étais anéantie, mais pas encore plus bas que terre. Ce n'était qu'un mec parmi tant d'autres, on m'a dit. J'en retrouverais un, il n'était pas indispensable, avec ses manières de brun ténébreux et sa connerie habituelle. Personne ne comprenait ce que je vivais non, personne. Ce connard était tout pour moi, et il m'a jeté juste pour une boîte de médocs. J'aurais pu l'aider, j'aurais compris ce qu'il vivait, mais non, il s'est contenter de me larguer comme une merde. Mais bon, je me suis faite une raison, enfin j'ai essayé quoi. Je retrouverai un autre comme lui, un mec génial, ouais. J'y croyais pas vraiment, mais j'ai fait face comme une grande, j'avais pas le choix. J'étais toujours la souriante Lucy, même si j'avais mûri. Déprimer, c'était pas mon style, tout le monde aurait pris ça pour une crise d'ado et se serait foutu de ma gueule. Non, je me persuadais que j'allais bien, et ça allait plus ou moins bien. Ca allait encore, quoi. Disons que j'étais pas au bord du gouffre, même si j'étais malheureuse. Là où j'ai vraiment commencé à sombrer, en fait, c'est le jour où ma mère est morte.


; life isn't as easy as it seems.

Et là, c'était vraiment la merde. Quelques semaines après l'affaire Hyde, comme je me borne à l'appeler désormais, j'ai appris la mort de ma mère à l'hôpital. Je n'ai jamais su que son cancer s'était aggravé. « Elle ne voulait pas vous inquiéter, mademoiselle, elle était persuadée qu'elle irait mieux bientôt. » que les médecins ont sorti. Je vous cache pas que j'en ai voulu à ma mère. Si au moins j'avais su, j'aurais pu me préparer, faire quelque chose, l'aider. Mais là, je n'ai eu qu'à subir. J'en avais marre de subir, je n'en pouvais plus. D'abord Hyde, ensuite ça.. C'était la goutte de trop, on aurait dit que tout s'effondrait autour de moi. Après les funérailles, j'ai du rester une semaine entière au fond de mon lit. La maison se vidait peu à peu de ses occupants maintenant que ma mère n'était plus de ce monde. Et moi je restais encore seule, mais c'était une solitude différente. J'avais l'impression de ne plus être à ma place. Je me sentais comme.. dépossédée de ma personne, comme un fantôme. Il m'est arrivé d'avoir des poussées de joie, sans aucune raison apparente, et je retournais en cours. Mes amis ne soupçonnaient rien. En fait, personne ou presque n'a jamais su que ma mère était morte. De toute façon, morte ou vivante, ils ne la voyaient jamais, alors pour ce que ça changeait.. J'ai eu ma phase un peu gothique "je-touche-à-tout-et-spécialement-aux-drogues-et-au-cul". Je couchais avec tout le monde, mecs comme meufs, pour rien, à chaque soirée. J'étais un peu rebelle et tout, je me suis même mise à fumer, croyant que ça me déstresserait, mais j'ai vite arrêté, c'est vraiment trop dégueulasse et ça me rappelait Hyde. Je me scarifiais aussi, mais personne faisait vraiment attention, personne faisait jamais attention à moi de toute façon. Je disais que mon chat m'avait griffée. La blague, j'ai jamais eu de chat. Mais, en fait.. Ca me faisait du bien de me faire du mal, vous voyez ? Je suppose que c'est pour tous les gens dépressifs comme ça. On a l'impression que la douleur physique effacera la douleur mentale, et ça fait oublier. Un peu comme une drogue, mais qu'on maîtrise. J'ai jamais eu l'intention de me suicider non plus hein, je crois que j'avais pas le courage. Personne ne s'inquiétait pour moi, j'aurais très bien pu le faire, mais non. La rupture, je gérais, la mort, je gérais, la dépression, je gérais. J'étais la bonne petite Lucy qu'on ne soupçonne de rien et qui sait se débrouiller toute seule comme une grande. Enfin, jusqu'à un certain point, mais y'a un moment où c'est devenu plus grave. Vers mes 16 ans, à peu près hein j'ai pas compté, j'ai commencé à entendre des voix, à avoir des visions. Parfois c'était Hyde. Son regard accusateur la fois où on a cassé, enfin la fois où il m'a mise dehors plutôt, ne sortait pas de ma tête. Son visage tournait, retournait encore autour de moi, comme le chat dans Alice in wonderland. Il me hantait, je pouvais pas m'en dépêtrer. Parfois, c'était ma mère, maigre et pâle dans une blouse verte d'hôpital, avec des tubes partout. Dès que je la voyais, j'entendais l'électrocardiogramme plat, le biiiip qui annonçait le décès que j'avais entendu dans de fois à la télé sans vraiment réaliser ce que c'était, la mort. Parfois, je voyais certains de mes professeurs qui me disaient encore une fois « Vous n'êtes qu'une bonne à rien, miss Duncan ! Ce n'est pas en dessinant en cours que vous avancerez dans la vie ! ». Je l'entendais en cours, en vrai, et je l'entendais chez moi, dans ma tête. Mais c'était tellement réel, comme si toutes ces personnes étaient là, devant moi. Des fois même, je voyais des choses qui ne me disaient absolument rien. J'entendais des voix d'hommes âgés au milieu de la nuit, qui me répétaient sans cesse des mots sans queue ni tête, je voyais des spectres d'enfants habillés comme dans les années 20 qui jouaient dans mon jardin et qui me fixaient à la fenêtre comme si ils allaient m'attaquer. Je vous jure, je me prenais limite pour Jeanne d'arc. Je devenais totalement cinglée, mais je ne disais rien à personne, of course. Ces visions, je les dessinais en classe au lieu d'écouter. J'ai toujours eu des dispositions pour le dessin, c'était vachement réaliste mes trucs. Mes rares amis ont commencé à flipper. Mais je disais que c'était rien, que je voyais ces trucs dans de simples rêves inoffensifs. La vérité, c'est que je ne me souvenais jamais de mes rêves. Et pendant que je mentais encore et toujours, les personnes que je voyais dans ma caboche me souriaient, comme guettant derrière mes amis soulagés. Comme si il allait m'arriver malheur si je disais la vérité. Je savais que je devenais folle malgré moi. Après, ça me laissait comme indifférente. Je ne comptais rien faire du tout, de toute façon personne m'aurait cru. J'ai jamais cru aux fantômes, alors ça allait passer. C'est ce que je croyais, jusqu'au jour ou. En pleine nuit, j'ai été réveillée par des hurlements. Je saurais pas vous dire si ils étaient dans ma tête ou dans mon jardin. Mais en tout cas, quelqu'un hurlait. La voix ressemblait bizarrement à celle de ma mère. Je me suis penchée à la fenêtre de ma chambre, guettant. Le jardin était désert, une lumière perçait dans la maison d'à côté. Aucun bruit, tout était silencieux d'un coup. Presque trop silencieux. Et là, j'ai senti comme une espèce de force me pousser dans le dos. En y repensant, c'était peut être moi. Inconsciemment, j'ai voulu tomber, m'ont dit mes psychiatres. En tout cas, sur le coup, j'ai été pas mal surprise. J'ai hurlé, je suis passée par dessus le balcon, et ça n'a pas raté, je suis tombée à plat ventre sur la terrasse. Pas de sang en vue, je n'étais qu'au premier étage, mais j'étais comme cassée de l'intérieur. Impossible de me lever ou de crier. Ce n'est que quelques heures plus tard, au moment de partir au travail, que les voisins m'ont trouvée. On se demande encore comment j'ai survécu et tout le monde croit à une TS. Genre, j'allais pas bien, alors je me suis jetée du haut de ma fenêtre. Et puis quoi encore ? Ca faisait des mois que j'allais pas bien, pourquoi maintenant, alors que je m'étais en quelque sorte habituée à ce vide intérieur qui me dévorait? J'ai tenté de l'expliquer aux gens de la clinique dans laquelle mes voisins m'ont emmenée illico. Le résultat ? Ils m'ont transféré à l'hôpital psychiatrique, Violet's Pension. J'ai eu beau leur expliquer de nombreuses fois, à eux aussi, que ça allait, qu'il n'y avait rien, mais c'était pas mes cons d'amis, c'était des professionnels. Ils savaient quand les gens allaient mal. Et faut croire que j'allais mal, en dépit de tous mes efforts pour me leurrer, pour me convaincre d'être heureuse. J'ai été internée à 16 ans, après plus d'un an de dépression selon les médecins. C'était difficile à évaluer, puisque je niais toute scarification, toute baisse de moral, mais les preuves et les cicatrices étaient bien là, sous mon nez. J'avais pas d'autre choix.


; i just need to breathe.

Étouffée, oppressée. Un sentiment de malaise constant et une envie de fuir. C'était ce que je ressentais tous les jours à Violet's pension, l'hôpital psychiatrique où j'ai été placée. Je ne pensais qu'à une chose, une seule : partir et retourner chez moi, tranquillement. Oui, j'allais mal, et alors ? C'était mon problème, pas le leur. J'aimais pas la façon que les médecins avaient de vouloir m'interroger tout le temps sur tout, ces fouineurs. Le pire de tout, c’est que je n'avais même pas à me plaindre ! Franchement. L'hosto était génial, spacieux et confortable, les patients étaient pas trop chiants et le personnel adorable. Pourtant, je me comportais en vraie enfant gâtée, en petite peste, envoyant chier tout le monde, toujours la mine renfrognée. Je me confiais jamais aux psys. Pour quoi faire, leur dire que j'étais orpheline et que, n'étant pas encore majeure, je vivais en hors-la-loi dans ma propre maison? Je voulais pas aller en foyer moi. Déjà que j'étouffais à l'HP, ça aurait été pire. Tout le monde, surtout les psys, voulaient savoir l'origine des cicatrices qui ornaient mes poignets, comme si ils ne s'en doutaient pas. Si ils croyaient que j'allait leur dire que j'étais anéantie à cause d'un mec qui m'avait larguée sans raison, que j'aimais toujours soit dit en passant alors que ça faisait presque deux ans déjà, et qu'en plus ma hippie de mère est morte en me laissant toute seule, ils rêvaient. J'allais deux fois par jour chez le psy, une à 10h et une à 18h, ça allait mais comme je parlais pas, c'était.. relativement long. Mais j'avais pas à me plaindre, par rapport à d'autres. Jake, par exemple, il allait chez le psy presque quatre fois par jour. Tiens, parlons en de lui. Jake, c'était un peu mon seul pote dans cet hosto de merde, le meilleur en fait. Un jour, le deuxième jour de mon internement en fait, un mec est venu et m'a cherché des noises. Il a commencé à m'empoigner par le col, et il était costaud le type. Bien sûr, j'avais pas l'intention de me laisser faire, je me débattais comme une furie, mais mes pieds ne touchaient déjà plus le sol alors qu'il me soulevait. Je commençais un peu à paniquer, aucune infirmière dans les parages. C'est alors que Jake surgit, comme un fantôme. Je l'avais pas vu arriver. Il faisait une tête de moins que le type, et je me demandais même si il était pas plus petit que moi, mais son regard... On aurait dit qu'il lançait du feu. D'une voix froide, il a décrété au type : « Lâche la, Nick. Immédiatement. » « Oh, ça va, je voulais juste m'amuser un peu avec la nouvelle, Jake ! » Rétorqua l'autre type d'un ton bourru. Mais la brute se ravisa bien vite, dès que Jake croisa les bras, son regard encore plus ardent. Il n'avait rien fait, et pourtant je savais que le type qui me tenait par le col de mon chemisier flippait grave. Impressive. Il me lâcha d'un coup, et je tombai sur le sol sans rien dire. L'autre type s'est barré en courant, et moi je restait par terre, hébétée. Jake m'a tendu sa main et m'a aidé à me lever, je le remerciai dans un murmure en reprenant mes esprits. C'était une des premières fois où je restais presque sans voix devant quelqu'un. En fait, la seule fois où ça m'était arrivé, c'était devant Hyde, le jour où il m'a larguée. J'en arrivais toujours à penser à celui là, décidément, mais sur le coup je me suis concentrée sur ce mec un peu chelou qui me souriait timidement. « Désolé, ça arrive pas souvent d'habitude. Nick est pas méchant, juste taquin. Et bienvenue à Violet's, la rouquine. » Lol, rouquine quoi. Il commençait bien celui là. Ma voix est revenue en un rien de temps. « Déjà, tu éviteras l'allusion à mes cheveux avec le plat de spaghetti que tu te trimbales sur la tête. Et moi, c'est Lucy. » Je perds jamais le nord, enfin presque jamais. Jake s'est contenté d'un rire franc, pour sa part. « J'sens que j'vais bien m'amuser avec toi, rouquine. » Bref, c'est comme ça qu'on a fait connaissance, lui et moi. C'est vite devenu un ami, à la pension, on était toujours fourrés ensemble à se charrier, mais au fond on s'adorait comme pas possible. Il s'est jamais montré perturbé en ma présence, d'ailleurs je savais même pas pourquoi il était là. Quand je demandais au personnel de l'hôpital, ils se bornaient à me répéter que c'était sous secret professionnel, et lorsque je lui demandais, il se renfrognait et ne me parlait pas pendant quelques heures. Alors je ne ramenais plus le sujet sur le tapis, car je pouvais plus me passer de sa présence. Mais je vous l'avoue, ça me frustrait. J'ai toujours voulu tout savoir, puis il a progressivement tout su de moi, lui. Comment j'étais encore amoureuse de Hyde, comment ma mère est morte, ma dépression, mes visions. Il n'avait pas l'air de trouver ça bizarre, il m'écoutait. Ce que moi je trouvais bizarre, c'était la facilité avec laquelle je me confiais à lui, la rapidité avec laquelle je m'attachais à lui. D'habitude, je me lie pas aussi facilement avec les gens, mais lui... Il était différent, en fait. Et peu importe le fait que je ne savais pas pourquoi il était interné avec moi, je me sentais bien en sa présence. Il était mon soutient à Violet's. Mon seul soutien, en fait. Au bout de deux ans là bas, je sentais que je commençais à aller mieux, sûrement grâce à Jake d'ailleurs. J'avais plus aucun symptôme de dépression, je ne me scarifiais plus. Bon, je vous mentirais si je vous disais que j'étais dans un état de béatitude constante, il m'arrivait souvent de rechuter, mais en général ça allait. Mon corps et mon esprit cicatrisaient. Mais j'avais beau supplier, faire des crises, faire les yeux doux aux médecins, rien à faire : ils ne voulaient pas que je sorte. Ils étaient persuadés que j'allais toujours mal, à cause de ma mine sans arrêt triste et de mes cernes omniprésentes. Vous voulez savoir la vérité ? La vérité, c'est que si j'étais crevée H24, c'était parce que Jake et moi on passait la nuit sur les toits du bâtiment, à refaire le monde. Comme on était toujours chez les psys le jour, fallait bien qu'on se voie de temps en temps, et la nuit c'était notre moment à nous. De ma chambre, on accédait facilement au toit, et on voyait les étoiles quand le ciel était clair. C'était bien. Jake hochait la tête quand je lui disais sans cesse que j'allais mieux, que j’enrageais de rester dans cet endroit sans raison aucune. Il savait que je voulais partir à tout prix, et j'avais l'impression que ça l'attristait, mais il ne le montrait pas. Ou en tout cas je ne le remarquais pas. Un soir, alors qu'on était encore sur le toit, j'étais vraiment à bout de nerfs, je lui ai confié une chose que je planifiais depuis des mois déjà. Alors que j'avais ma tête sur son épaule, je me suis relevée brusquement, les yeux brillants. « Jake ? » lui ai-je demandé. « Mmh ? » a-t-il répondu, un peu endormi. Faut dire qu'on était silencieux depuis quelques minutes, et que cela faisait depuis la tombée de la nuit qu'on était grimpés, le sommeil commençait à venir. Mais j'étais pas fatiguée. Je n'avais qu'une idée en tête. « Demain soir, je m'évade. »


; i love you. there, i said it.

Je pensais qu'il serait heureux pour moi, qu'il me questionnerait sur le moyen que j'avais trouvé pour m'enfuir. Jake aimait bien tout savoir sur moi, en fait. Pourtant il était pas du genre bavard avec les autres, mais avec moi il parlait des heures. Peut être qu'en bonne pipelette, je l'avais converti, allez savoir. En tout cas, à ce moment là, ses sourcils se haussèrent et il avait l'air contrarié, presque triste. Je vous avoue que ça m'a quelque peu déstabilisée. « Quoi ? » lui ai-je donc demandé, étonnée. Non pas que je doutais de ma décision. J'étais vraiment déterminée. « J'veux dire... Lucy, t'es sûre de vouloir faire ça ? » Sa voix ne tremblait pas, il avait pas l'air perturbé. J'ai repris le cours de ma pensée. « Tu sais que ça fait des mois que je veux me barrer. J'en peux plus, merde ! Je dois partir. Et crois moi, je partirai. » Sous entendu, avec ou sans ta permission quoi. Je comptais bien m'en aller de cet endroit, et tant pis si il était pas d'accord. Il se leva à son tour, et me regarda froidement, très froidement. En fait, il avait le même regard que celui qu'il avait lancé au mec qui m'avait empoigné, le jour où on s'est rencontrés, celui qui lançait des éclairs. Je vous avoue, c'était assez flippant quand on le fait sur vous. « Ok. Fais ce que tu veux alors. J'en ai rien à foutre, pars. » et il me contourna, puis entra à l'intérieur du bâtiment, sans dire un mot de plus. Et j'avais pas l'intention de le retenir. Ok, il me décevait, et j'avais l'impression de perdre mon meilleur ami, une partie de moi même depuis deux ans. Mais il aurait dû me comprendre, et si il ne pouvait pas, tant pis. Tout était prêt pour mon évasion. Une fois dehors, je m'étais promis de revenir voir Jake au moins une fois par semaine à Violet's, la nuit de préférence. C'était très facile d'entrer et de sortir, il faut dire que la pension était pas très sécurisée. Vous pensiez quoi ? J'avais plus de parents et pas de famille, j'étais allée là contre mon gré. J'allais pas payer un truc hors de prix juste pour vivre un calvaire. Quoi qu'il en soit, mon plan était tout prêt. Le lendemain vers 21 heures, je m'en irais. PLUS TARD, LE FAMEUX LENDEMAIN VERS 21H. Ça y'est, tout était prêt. J'avais fait mes bagages, ils étaient sous mon lit. J'avais étudié le plan de la clinique, c'était facile de sortir. Tout le monde était en visite médicale, à la cafétéria ou même couché, et Jake avait son rendez vous avec le psy à cette heure là. Non pas que j'aurai eu le risque de le croiser, je ne l'avais pas vu depuis qu'il s'était barré du toit, la nuit précédente, sûrement qu'il m'évitait. J'attendais sur mon lit qu'il soit 21 heures pile, j'étais précise et ponctuelle dans ces cas là. Il le fallait pour être discrète. J'avais déjà enfilé mon manteau et mes grosses boots, je m'étais préparée à marcher et à faire du stop. 21 heures sonnèrent à la petite pendule qui était accrochée en face de mon lit. Je me suis levée, vérifiant que je n'avais rien oublié. Sur ma table de nuit, une photo de moi et Jake, datant d'il y a un an. J'hésitais à la prendre, était-ce une bonne idée? Alors que je me posais cette question, on toqua trois coups discrets à la porte. Direct, j'ai sursauté. Le cadre est retombé sur ma table de nuit, heureusement pas brisé, et je me suis grouillée d'enlever mon manteau et de le fourrer sous mon lit, puis je me suis assise, cachant mes pieds avec la couverture. « Entrez ? » ai-je dit d'une voix un peu tremblante. Merde, je me trahissait moi même, ne plus je devais rougir jusqu'aux oreilles, pour changer. En voyant Jake apparaître dans la pièce, je ne put étouffer un soupir de soulagement, néanmoins la colère repris le dessus. Ça faisait quand même une journée entière qu'il ne m'avait pas adressé la parole, et mine de rien, c'était long. « Alors, tu viens me faire tes adieux ? » Un sourire ironique se dessina sur mon visage. J'étais vexée, certes, mais j'étais aussi contente qu'il soit venu. « J'dois te dire un truc. » Je haussai les sourcils, et m'assit mieux sur mon lit. « Ben, je t'écoute, accouche. » Je m'attendais à un truc du style que je devais pas partir, que c'était pas raisonnable et tout, mais en tout cas, pas du tout à ce qu'il allait prononcer. Il prit une grande inspiration et brusquement, je remarquai qu'il était au bord des larmes, comme si me parler était un déchirement intérieur, super. « Je t'aime. Voilà, je l'ai dit. » Boum, le choc, je vous raconte même pas le truc. C'était genre trop inopiné, mais j'étais à des kilomètres de deviner qu'il allait me déclarer sa flamme. Jake, c'était mon meilleur ami. Enfin, je supposais. Peut être que j'étais amoureuse de Jake, j'en savais rien bordel ! Je me suis jamais posé la question de savoir si je l'aimais ou pas, pour moi c'était encore Hyde, Hyde, Hyde. Il sortait pas de ma tête celui là, j'arrivais décidément pas à l'oublier, même dans un moment pareil, j'étais vraiment incorrigible. En tout cas, mon premier réflexe, ça a été de rire. C'était nerveux, on y pouvait rien, n'empêche que si lorsqu'il est entré j'étais rouge tomate, j'osais même pas imaginer ma gueule à cet instant précis. Je devais être vermillon comme des semelles de godasses Louboutin. « Je... J'sais pas vraiment quoi dire, enfin. » Je me suis levée et ai commencé à faire les 100 pas dans la pièce. J'étais obligée sinon j'allais trembler ou fondre en larmes, et ça allait pas être joli à voir. « Je veux dire, tu sais que j'ai encore des sentiments pour Hyde. » Et je m'attendais encore moins à ce qu'il s'est produit à ce moment là. Il m'a pris par le bras, et paf, il m'a embrassée, comme ça. Ça pour une surprise, je crois que j'avais eu mon quota pour 30 ans au moins. Le pire, c'est que je l'ai laissé faire. Enfin genre je l'ai pas repoussé tout de suite. C'était... C'était bien, en fait. Pas le genre désespéré nan, c'était même plutôt tendre, enfin en clair ça m'a plu quoi. Bon, voilà, Jake est un dieu du baiser, vous êtes contents ? Ca voulait pas dire que je l'aimais pour autant, hein. Si ? Roh, dans ma tête ça s'embrouillait grave. Quoi qu'il en soit, y'a bien eu un moment ou on a du s'arrêter. J'étais tellement étourdie que je saurais pas vous dire si je l'avais repoussé ou si je voulais juste reprendre mon souffle avant de continuer, mais en tout cas il s'est remis à parler, donc on a pas eu l'occase. C'était peut être mieux ainsi. « Ce Hyde dont tu m'as tant parlé n'était rien qu'un beau salaud, et faut t'y faire, Lucy. Y'a tellement de gens mieux que lui. » Des gens comme lui, c'est ça ? j'avais envie de lui rabattre son clapet, comme je le faisais souvent. Mais c'était pas le moment de dire ça alors que j'étais grave dans le brouillard, et une conne de larme s'est mis à rouler sur ma joue sans que j'ai pu la retenir. J'ai voulu l'enlever, mais il s'en est chargé avant moi. « Ecoute. Je te demande pas de m'aimer en retour, je comprends. Je veux juste que tu restes. Restes encore un peu ici, ok ? Pour moi. » Je savais même pas pourquoi je hochais la tête en signe de réponse positive, moi qui était aussi déterminée quelques minutes auparavant. Ce mec était hypnotique ou quoi ? Il arrivait à me faire changer d'avis, moi, une des meufs les plus têtues de la terre. Si mes proches avaient vu la scène, ils seraient en train de lui jeter des roses. Mais y'avait que nous dans ma chambre, à la clinique. J'avais même plus envie de partir, tout à coup. Il m'avait fait rester, c'était genre une victoire, il pouvait limite le marquer sur son CV. « Bien. Bon alors, j'te laisse... » Il s'éloignait vers la porte, le tête basse. « Jake, tu veux pas dormir avec moi ? » Croyez pas que c'était une invitation ou quelque chose de ce genre, pas du tout. C'était juste que si il s'en allait, je sentais que j'allais me barrer, vraiment. C'était peut être mieux pour tout le monde si il restait. Il se retourna et bizarrement, je le vis rire. « Ok. Si tu promets de pas me violer dans mon sommeil ! » Je levai les yeux au ciel, souriant néanmoins. C'était bien le genre de Jake de faire ces blagues. Faut croire que rien n'avait changé entre nous, finalement. « Eh, c'est toi qui est désespérément et éperdument amoureux de moi, j'te rappelle. » Il me tira la langue et s'affala sur mon lit, en mode j'suis-chez-moi quoi, normal le gars. « Tss, allez. Viens te coucher, grognasse. Mais avant, sors ton manteau de dessous ce lit, tu vas le froisser.» Il était même pas censé avoir vu. Si ça avait été une infirmière qui serait entrée à sa place, quelques minutes plus tôt, m'aurait-elle grillée également ? Pas sûr. Mais Jake il avait une espèce de pouvoir surnaturel pour deviner les choses. Plus celui d'apparaître comme un fantôme, celui de paralyser les gens avec ses yeux, et surtout celui de me rendre meilleure, ça faisait beaucoup.


; i go strong, i will survive.

Au final, je suis restée à Violet's jusqu'à mes 19 ans, quand ils se sont enfin décidés à me lâcher. J'étais majeure, enfin pratiquement, donc c'était plus pratique, j'avais pas besoin de famille pour me loger. Tant mieux, j'avais pas de famille, mais j'avais une baraque. ma mère m'avait laissé la maison dans son testament, j'ai pas de loyer à payer ni rien, c'est déjà ça. La maison était un peu délabrée au bout de trois ans sans entretien, mais elle a tenu le coup. J'ai passé mes exams en candidat libre, tous réussis haut-la-main. J'emmerde mes anciens profs qui disaient que je n'étaient qu'une bonne à rien, qui fait des études graphisme maintenant ? C'est Bibi. J'ai continué à rendre visite à Jake, même après ma sortie, quasiment 2 fois par semaine. Si nous nous sommes encore embrassés ? Ca ne vous regarde aucunement. En tout cas, il est sorti de Violet's y'a quelques mois, lui. Il a pas de famille non plus, faut croire, parce que financièrement il est plutôt instable, le pauvre. Ca fait mille fois que je lui répète qu'il peut venir habiter chez moi, si il veut, mais il refuse. J'sais pas pourquoi. Après tout, on a vécu sous le même toit, si on peut dire, pendant trois ans, c'est pas comme si on se connaissait pas. Puis avoir des gens chez moi, j'ai assez l'habitude. En fait, il m'a dit une fois que si il refusait d'emménager chez moi, c'est parce qu'il m'aimait toujours. J'avoue que y'a une sorte de malaise par rapport à ça. Ca a pas vraiment évolué depuis le jour où il m'a convaincue de pas fuguer, en fait. On est toujours gênés comme des gosses, mais notre amitié résiste malgré tout. Oui, c'est compliqué. En tout cas, il reste une des personnes les plus importantes de ma vie. Voire la plus importante, puisque ma vie est pas super remplie niveau relations. Depuis que je suis sortie, j'ai jamais eu de vrai copain, que des coups d'un soir, et ça continue d'ailleurs. Je pense que c'est aussi une des raisons pour lesquelles Jake refuse de venir à la maison. J'avoue que je serai pas étonnée si je ramenais un mec et qu'il lui cassait la gueule en le voyant, même si je m'interposerais bien sûr. Mais, à part ça, j'ai repris une vie normale. Enfin, une vie normale pour une personne pas normale, est-ce vraiment une vie normale ? Evidemment, tout était trop "beau" pour durer. Pendant pas mal de temps, j'ai mené une vie normale, enfin, plus ou moins. Les études, ça allait. Je voyais Jake, de plus en plus souvent, de plus en plus longtemps. J'ai revu Hyde, mais je ne veux pas en parler. Bref, ça allait quoi. Mais il y a 3 mois plus exactement, tout a du changer. Encore. Comme si y'avait pas eu assez de changements dans ma vie, tiens... Donc, j'vous explique. J'ai du fuir. En gros. Mon père avait subitement retrouvé ma trace, avait tout appris de ma vie, il voulait que je parte des Etats-Unis, que j'aille en France avec lui, moi, sa fille. Vous vous doutez bien que c'était hors de question à mes yeux. Cet homme n'était rien pour moi, rien du tout. Je ne voulais pas aller en France, j'avais tout ici, j'avais ma vie, mes études, Jake. Je devais me barrer. Dans un autre Etat. Là où mon crétin de père ou ses avocats ne me retrouveraient jamais, une ville paumée, un truc de campagne, un truc paumé. J'avais deux jours pour trouver, emballer mes affaires, dire au revoir, autant vous dire que le temps était compté. Les avocats de mon père étaient de vrais requins, et si ils arrivaient à ma choper, c'était mort pour moi. J'avais fait mes cartons, mes paquets, je m'apprêtais à partir de chez moi, j'avais même trouvé un acheteur potentiel pour la maison. Alors que j'embarquais les derniers sacs, on a sonné à ma porte. Mon dieu, les types qui travaillaient pour mon père étaient déjà là ? Non, c'était trop tôt ! Me précipitant sur la fenêtre, j'ai jeté un coup d'oeil à l’extérieur.

; it's a brand new life.

+ DEMENAGEMENT DE SAN FRANCISCO A SAN DIEGO. MODIFIER UN PEU. XXX
A déménagé car son père voulait récupérer sa garde -tiens, au bout de 20 ans il se réveille, lui- et elle ne voulait pas quitter les Etats-Unis pour la France, elle s'est donc barrée à San Diego. Suit des cours par correspondance avec la fac de San Francisco et compte bien y retourner dès que tout cela sera fini, mais s'attache à San Diego. Personne ne sait pour son passé, of course, elle veut pas faire peur aux gens. Retrouvera Hyde ici. Pourquoi ? POURQUOI ?

_________________

sexually frustrated.ϟ
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
 

Constance Lucy Duncan → If you love me, let me go.

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Sun Diego ::  :: La paperasse administrative :: Les fiches réfutées & abandonnées-